La greffe : euphorie de la victoire

100 jours. Les 100 jours les plus risqués de ma vie.

8 novembre 2008. Date fatidique. Cela fait 3 semaines que je suis refugié dans la chambre 26 au Trèfle 3 de l’Hôpital St Louis. Bien entouré, bien soigné, bien chouchouté. Finalement ce cocon me convenait bien, loin des risques extérieurs.

Et voila venu le moment de mes premiers pas dans l’inconnu.  Le ventre tenaillé par l’angoisse d’avoir à affronter le monde extérieur, je fais mes premiers pas hors de l’hôpital. Suis-je prêt pour cette ultime bataille ? Mes jambes me portent à peine. Mon souffle me trahit. Avec difficulté j’arrive jusqu’à la voiture qui va me conduire  vers ma nouvelle vie.

Tout doit être aseptisé. Les règles d’hygiène les plus strictes doivent être appliquées. Le port du masque est obligatoire. Il faut affronter ces mesures draconiennes avec patience et détermination. Il faut sans cesse vouloir vaincre la lassitude. Surtout ne pas baisser les bras ou mettre genou à terre. Affronter, toujours affronter.

Malgré ma faiblesse  et par défi, je décide de faire une marche quotidienne dont  j’augmente graduellement la distance. 500m puis 1km puis 2, accompagnés de quelques exercices abdominaux. Retrouver coûte que coûte la forme physique qui me permettra de récupérer le plus vite possible, tel est mon leitmotiv. 2 mois plus tard mon parcours pédestre atteignait les 6km. La victoire était en marche.

Ma formule sanguine s’améliorait de mois en mois, jusqu’à arriver au bilan des 100 jours que je passe avec succès. Quelle joie quand on m’annonce que le port du masque n’est plus limité qu’aux endroits publiques. Que je peux manger de tout. Que je peux mener une vie presque normale !!! Une vie normale, 5 ans que j’attends ce moment !!! Libéré de mes contraintes, transcendé par ces nouvelles, je battais chaque jour le record de distance de la veille.

C’est à partir de ma maison au Liban, 5 mois après la greffe,  que j’écris cet article couronnant  5 années qui m’ont vu subir les coups les plus sévères d’une maladie impitoyable mais qui se terminent par une victoire implacable.

Victoire que je vis, ainsi que ceux qui m’aiment avec euphorie.

Une réflexion au sujet de « La greffe : euphorie de la victoire »

  1. Nada W

    Le philosophe français Jean Jaurès dit : « Le courage c’est de comprendre sa propre vie . Le courage c’est d’aimer la vie et de regarder la mort d’un regard tranquille . Le courage c’est d’aller vers l’idéal et de comprendre le réel ». Ce qui est vrai. Bravo Fady . Qui dit courage dit force,persévérance et acceptation de soi . Ce que toi tu l’as prouvé et tu continues à le prouver par ton attitude et ta façon de penser . Courage vers l’avant, vers un avenir meilleur.Quelle joie de te revoir !

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