La greffe : mon ultime épreuve

Voila déjà  5 mois que je suis greffé. Je suis assis devant  mon passé de malade. Les images défilent devant moi, alternant le bon et le mauvais. Je revois les moments d’angoisse, suivis des périodes d’espoir vite abrégées par des gifles de désillusions  et même d’amertume. Que de fois il a fallu remonter la pente qui se raidissait à mesure qu’avançait la maladie.

Ne pas écouter ce qui est raconté autour de moi, c’était la décision que j’avais prise mais comment rester sourd aux histoires et racontars des gens. De toute la maladie, la période pré-greffe aura été la plus pénible moralement. On m’a dressé un tableau tellement noir décrivant les affres de la chimiothérapie, les risques de rejet du greffon (ou GVH), les infections possibles et même probables, que j’ai failli renoncer à la greffe et préférer…  me laisser partir lentement.

Rien.  Rien de tout ce qui avait été raconté n’est arrivé. Je ne peux pas dire que c’était le paradis, mais c’était certainement loin, très loin d’être l’enfer décrit.

1ère bonne surprise : le cathéter. Eh oui, cette invention est un don de Dieu. Plus besoin d’être piqué dans les veines à longueur de journée avec tout ce que cela implique comme désagrément, douleurs et même parfois complications. Injections, prélèvements, tout se faisait dans le cathéter.

2ème bonne surprise : pas de rideau. Je n’étais donc pas isolé du reste du monde. Je pouvais même recevoir la visite de 2 personnes à la fois. J’avais la télévision, 1 bicyclette et toujours de la bonne compagnie. Le confort presque.

3ème bonne surprise : l’équipe médicale. Excellente c’est peu dire. Accueillante, souriante, toujours prête et surtout à la pointe du professionnalisme. Méticuleuse, les règles les plus rigoureuses de  l’hygiène étaient leur véritable obsession.

Je n’ai pratiquement pas souffert. A chaque complication son remède avec effet immédiat. Il faut dire que sur ce plan j’ai été épargné. Malgré 3 jours de très forte chimiothérapie et 3 semaines d’un éprouvant traitement et alors qu’on me promettait nausées, vomissements et diarrhées, sans parler des autres désagréments, mes tracas se sont limités à un peu de nausée et  à un vomissement.

 

Certes les 3 semaines d’hôpital n’ont pas été une promenade non plus. Des gênes j’en ai eues. Les  incommodités, surtout pour le bain n’ont pas manqué. Les repas étaient la pire corvée. Les nuits étaient longues, le sommeil rare. Mais qu’est ce que cela représentait par rapport à l’ampleur du défi qu’était la résurrection d’un homme. D’ailleurs tout cela est déjà oublié. Je reviens de très, très loin et ces petites contrariétés n’auront été que de minuscules écueils sur le chemin de la guérison.

Finalement ne me revient à la mémoire que mon Ipod et sa belle musique sur la commode, derrière la statuette de la Sainte Vierge penchée sur mon chevet, sans oublier les infirmières et leurs sourires sécurisant, les médecins et leurs mots toujours tranquillisant qui ne pouvaient que provoquer optimisme et espoir,

Espoir d’une aube qui se lève sur un monde nouveau, un monde que j’avais oublié depuis 5 ans.

3 réflexions au sujet de « La greffe : mon ultime épreuve »

  1. Sabine Salameh

    Très Cher Fady

    Tu sais combien ta santé nous est chère. Je n’ai aucun mérite d’avoir prié à Dieu durant la période de ta convalescence et étant sûre que le Souverain accorde tout son amour et sa générosité à tous ses croyants, lui qui a connu la souffrance humaine.
    En lisant et relisant chacun des paragraphes que tu as écrits, j’ai admiré en toi cet homme qui a combattu pour survivre tantôt avec désespoir et tantôt avec vigueur. J’admire ta femme, tes enfants que j’aime beaucoup surtout Pia et Cynthia, toute mon affection et mon respect sublime à ta soeur.
    Courage Fady, à très bientôt. Je suis contente de te connaître tellement pressé de reprendre ton travail. Tu nous as manqué. Ton bureau t’attend et ton retour réjouira nos coeurs à nous Tous. Bonne guérison !!

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  2. Carole ch

    C’est fantastique dans quelques minutes on te retrouve.Les fortes émotions sont silencieuses.On fête les rameaux aujourd’hui heureuse coïncidence !triomphal retour!.Que la joie intense de ce moment perdure,que le bonheur inonde ta famille dont on fait désormais partie ,nous tes amis.pour ta guérison,pour ton courage,pour la force de ta foi,pour notre amitié mille mercis mon Dieu.

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  3. Rayan

    Comme un redoutable combattant, tu as chaussé tes gants , tu es monté sur le ring avec la rage de vaincre et mis ton adversaire K.O
    Quel triomphe!!!!
    j’estime que j’ai eu beaucoup de chance de te connaître car tu m’as beaucoup appris, quelle belle leçon de vie!!!!!
    Rayan

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